lundi 6 novembre 2017

LES INSTALLATIONS DE TRACTION ÉLECTRIQUE DE LA LIGNE BX-LE VERDON

Les conséquences du mauvais état des installations de traction électrique de la ligne Bx Le Verdon

L'électrification de la ligne Talence Médoquine - Le Verdon a eu lieu le 5 juillet 1934.
Depuis plusieurs années la vétusté des installations de traction électrique, communément appelées caténaire, est à l'origine de nombreux incidents, entraînant chaque fois retards importants des usagers, nombreuses suppressions de trains et circulations thermiques.
En 2015, lors d'une réunion organisée par la Région Aquitaine et SNCF avec les usagers de la ligne, SNCF Réseau reconnaissait 10 incidents en 2012, 4 en 2013, 8 dans le 1er semestre 2014. Face à la répétition des incidents, SNCF réalisait un examen de la caténaire du 31-3-2014 au 18-4-2014 au moyen d'un engin de surveillance des caténaires. Sur les 100 km de la ligne, 235 points ont été recensés où le remplacement partiel de tronçons de caténaires était nécessaire. SNCF a investi 500 000 € pour régénérer la caténaire aux points les plus critiques. SNCF Réseau concluait
ainsi le compte rendu de la réunion : « Il faut privilégier les circulations thermiques sur cet axe ».
Malgré ce constat, SNCF Réseau projetait dans le dossier d'enquête publique concernant le triangle des Echoppes de créer 10 allers-retours (20 trains) en traction électrique entre Pessac et Macau : l'étude d'impact environnemental a été faite sur la base de circulations électriques moins bruyantes et moins polluantes que les circulations thermiques.
Après que SNCF Réseau et Région Aquitaine ont soutenu devant le Tribunal Administratif les 19-11-2014 et 3-3-2016 que les TER seraient électriques comme indiqué dans le dossier d'enquête, les navettes Pessac-Macau ont été mises en service le 11-12-2016. Les premiers jours les TER étaient électriques mais chaque incident caténaire était suivi de circulations thermiques. L'état de la caténaire se détériorant de plus en plus, SNCF Réseau interrompait la circulation entre Bordeaux et Le Verdon et entre Pessac et Macau de 9 à 16 heures du 28-2-2017 au 17-3 -2017 pour entretenir les installations de traction électrique. Pendant cette période 224 TER ont été supprimés et 140 bus ont été mis en service.
Après cette période de travaux, la circulation a repris normalement mais la caténaire a toujours 83 ans et SNCF Réseau a dû à nouveau interrompre la circulation ferroviaire entre Bordeaux et Le Verdon et entre Pessac et Macau de 9 à 16 heures du 4-9-2017 au 22-9-2017 pour entretenir les installations de traction électrique ; pendant cette période, 240 TER ont été supprimés et 150 bus ont été mis en circulation. Malgré ces travaux, nouvel incident caténaire le 8-10-2017 (un TER arrache 120 mètres de caténaire). Suite à l'incident, les TER circulent à nouveau en traction thermique.
SNCF Réseau interrompt la circulation ferroviaire entre Pauillac et Lesparre du 11 -10-2017 au 13-10-2017 pendant 6 heures pour remettre les installations en état ; 12 TER seront remplacés par des bus pendant cette période.
Il serait présomptueux de dire que de tels incidents ne se reproduiront plus : la caténaire a toujours 83 ans et son état ne s'améliorera pas. Un renouvellement s'impose mais SNCF Réseau, en obéissant à la volonté du Président de Région de construire le triangle des échoppes, a fait le mauvais choix en investissant dans le triangle des échoppes plutôt que dans le renouvellement de la caténaire. Il est incontestable que le mauvais état de la caténaire perturbe grandement la circulation des TER : c'est sur cette ligne que le taux de TER supprimés est le plus élevé. Il n'est pas étonnant dans ces conditions que la fréquentation de la ligne chute de façon importante.
Après chaque incident la SNCF se voit contrainte de faire circuler les TER en traction thermique ce qui a pour conséquence de gêner les riverains de la gare de Pessac. L'étude d'impact environnemental a totalement négligé le stationnement en gare des navettes Pessac-Macau alors que la voie créée se trouve en zone urbanisée : une carence supplémentaire du dossier d'enquête publique du triangle des Echoppes. Excédé, un riverain a fait cette réflexion : « les TER Pessac-Macau gênent plus de riverains qu'ils ne transportent de voyageurs. » C'est malheureusement vrai.  Le pire est que le Président de Région et le précédent Maire de Pessac qui ont voulu ces TER se sont ensuite opposés à la construction de murs antibruit !
La reconstitution du triangle des échoppes a nécessité un investissement de 25,6 M € d'infrastructure et le coût d'un Autorail de Grande Capacité 5M € ; les navettes Macau-Pessac creusent le déficit annuel d'exploitation de 1,4 M€ ;
la fréquentation des navettes est très faible ; faut-il continuer cette gabegie au vu des désagréments subis par les usagers, les riverains ? n'est-il pas temps d'envisager sérieusement d'arrêter les TER à Talence Médoquine ?
L'arrêt à Talence Médoquine des TER Bordeaux-Le Verdon aurait desservi le domaine universitaire de Talence et la commune de Talence, aurait augmenté la fréquentation de la ligne, aurait évité la création de TER qui circulent pratiquement à vide, aurait limité la pollution atmosphérique, n’aurait pas gêné les riverains pessacais.
C'était cela l'intérêt général

Germain Suys

dimanche 22 octobre 2017

BORDEAUX-LE VERDON : UNE FRÉQUENTATION EN CHUTE LIBRE

Voici les chiffres de fréquentation annuelle des points d'arrêt de la ligne ferroviaire Bordeaux - Le Verdon : Ces chiffres sont publiés par la SNCF pour l’ensemble du réseau national sur le site : https://ressources.data.sncf.com/explore/dataset/frequentation-gares/.
Les nombres indiqués correspondent au nombre annuel de voyageurs montés + descendus au point d’arrêt considéré (TER – Intercités – TGV)
FRÉQUENTATION DES ARRÊTS DE LA LIGNE BORDEAUX – LE VERDON

2014
2015
2016
Variation 2014/2016
Mérignac-Arlac

  89 657
   84 344
 78 456
– 12,5%
Caudéran

  45 765
  45 749
 39 088
– 14,6%
Bruges

  30 466
  26 547
 19 791
– 35%
Blanquefort

124 165
113 035
 95 716
– 23%
Ludon

  28 977
  25 717
 19 232
– 33,6%
Parempuyre

  18 903
  17 805
 16 472
– 12,9%
Macau

  41 984
  35 027
 26 654
– 36,5%
Margaux

  31 661
  27 088
 20 957
– 33,8%
Moulis-Listrac

  21 787
  18 068
 14 525
– 33,3%
Pauillac

  58 291
  56 956
 49 160
– 15,6%
Lesparre

  70 458
  65 433
 59 850
–15%
Soulac

  31 485
  31 684
 29 302
– 7%
Le Verdon

    6 047
    7 508
   5 467
– 9,6%
TOTAL

599 646
554 961
474 670
– 20,8%
Bordeaux St Jean

12 018 728
11 975 482
12 253951
+ 2%


COMMENTAIRES SUR CES RÉSULTATS

La baisse de trafic est importante, elle touche tous les points d’arrêt, elle est constante depuis septembre 2012.
Trois causes majeures à cette baisse de trafic :
1° La fermeture de la gare de Ravezies le 25 août 2012.
2° L’augmentation de 10 minutes du temps de parcours de tous les TER entre Bruges et Talence Médoquine du 1er février 2013 au 1er juillet 2017.
Les usagers n’ont manifestement pas apprécié que matin et soir, leurs temps de voyage soient augmentés.
Cette augmentation n’avait aucune justification matérielle ; elle n’avait qu’une raison politique : prétendre dans le dossier d’enquête publique concernant le triangle des Echoppes de Pessac que la reconstitution de ce triangle allait faire gagner 10 minutes à tous les voyageurs ; ce qui était totalement faux.
3° La fréquence des incidents liés à la vétusté des installations de traction électrique (couramment appelées : la caténaire).
Germain Suys


dimanche 10 septembre 2017

LA FRÉQUENTATION DE LA LIGNE BORDEAUX-LE VERDON

Le dossier d'enquête publique concernant le triangle des échoppes ( voir à la fin de cet article) indiquait que la fréquentation de la ligne avait été de 411 000 voyageurs en 2011 et prévoyait qu'elle passerait à 639 000 voyageurs l'année suivant la mise en service du triangle des échoppes. Cette prévision prenait en compte : d’une part une augmentation constante de la fréquentation de 2011 à la mise en service du triangle (soit +48 000 voyageurs) et d'autre part une augmentation de 180 000 voyageurs liée directement à la mise en service du triangle.
 1°) Au lieu de l'augmentation constante, ce fut une baisse de la fréquentation liée à la fermeture de la gare de Ravezies le 25 août 2012 ainsi qu’à l'allongement des temps de parcours des TER entre Talence Médoquine et le km 13 à partir du 1er février 2013. Le 23 avril 2013, lors du comité de ligne organisé par la Région Aquitaine et SNCF, une baisse de fréquentation de 14,9% était constatée pour le début 2013 ; bizarrement, ce constat a échappé en octobre 2013 au rédacteur du dossier d’enquête. Pour l'année 2013 la baisse de fréquentation fut de 10 %, ce fut de loin la plus importante baisse de fréquentation des lignes de la Région.
2°) La mise en service quasi simultanée des 9 AR Pessac-Macau et du prolongement de la ligne C du tramway a eu l'effet inverse de celui annoncé dans le dossier : les "experts" de la Région et de RFF avaient prévu une augmentation du trafic obtenue grâce à la complémentarité et au maillage des 2 lignes ; ils avaient oublié un détail : les deux lignes parallèles sur 5 km entre Blanquefort et Bruges rejoignaient Bordeaux-Saint -Jean : les 2 lignes n'étaient pas complémentaires mais concurrentes et le tramway bénéficie :
    a) d'une meilleure fréquence (un tramway toutes les 15 minutes alors que la fréquence des TER pour Bordeaux était désormais réduite à un TER toutes les 60 minutes au lieu de 1 toutes les 30 minutes avant la mise en service).
    b) d'une tarification moins élevée surtout si l'usager ferroviaire utilisait aussi les transports en commun TBM.
Le TER aurait pu bénéficier d'un moindre temps de parcours mais les "experts" de la Région et de RFF s'obstinèrent à maintenir les temps de parcours anormalement longs mis en service le 1er février 2013. Ainsi il fallait 35 minutes pour effectuer le trajet de Blanquefort à Bordeaux-Saint -Jean en TER ou en tramway alors que le TER ne dessert que 3 gares intermédiaires tandis que le tramway en dessert 17. Ce n'est pas par ignorance que ces horaires avaient été maintenus puisque le Président de Région avait été saisi par deux fois de ces temps de parcours anormalement longs : lors d’une réunion le 13 mars 2015 et par courrier le 7 avril 2015. Ce n'est que le 2 juillet 2017 que les TER bordelais retrouvèrent les temps de parcours d'avant le 1er février 2013 ; mais beaucoup d’usagers depuis le 18 décembre 2016 ont fait le choix du tramway. 
La création des AR Pessac-Macau a entraîné la suppression des AR Bordeaux-Macau et une refonte complète de la grille horaire journalière et, lors de cette refonte, des choix déplorables ont été préjudiciables à la clientèle qui effectuait les plus longs parcours ; je ne prendrais qu'un exemple : le TER le plus fréquenté de la ligne en raison de son heure d'arrivée à Bordeaux (Le Verdon 6.25 -Bordeaux 8.11)  a été retardé et n'arrive plus qu' 8.49 à Bordeaux (une heure trop tardive pour les travailleurs).
L'horaire de ce TER le plus fréquenté a été attribué à un TER Macau 7.33 -Pessac 8 .04. Si cette modification a été sans conséquence pour les usagers compris entre Macau et Mérignac-Arlac, elle a pénalisé les usagers venant d'au-delà de Macau, obligés de prendre le TER précédent partant du Verdon à 5.47 ou à changer de mode de transport ainsi que les usagers allant à Bordeaux et n'a été bénéfique qu'à de rares pessacais. Cet exemple montre que de nombreux voyageurs qui effectuaient les plus longs parcours ont été lésés pour quelques rares usagers pessacais.
 La création des 9 AR Pessac-Macau a réduit à la portion congrue les intervalles de temps nécessaires aux opérations d'entretien. Pour effectuer ces travaux SNCF Réseau a interrompu totalement la circulation ferroviaire pendant plusieurs heures consécutives du 28 février au 17 mars 2017.Pendant cette période (sauf samedis et dimanches) chaque jour 16 TER étaient supprimés et certains étaient remplacés par des bus.
Les usagers médocains constataient en gare de Bordeaux que les vieilles rames Z2 ne circulaient que sur une seule ligne : la leur et ils croisaient des TER Pessac-Macau déserts et assurés par des rames AGC, cela accentuait leur sentiment d'amertume.
Beaucoup de raisons à cette désaffection des usagers pour les TER.
Depuis la mise en service des 9 AR Pessac-Macau la fréquentation de la ligne a sérieusement chuté, elle sera nettement inférieure à 370 000 voyageurs en 2017, inférieure à ce qu'elle était avant la mise en service, et très loin de l’objectif annoncé de 649 000 voyageurs. Créer 117 000 trains-km pour perdre des voyageurs : c’est malheureusement le constat de ce projet déclaré d'intérêt général. Il faudra bien que ceux qui sont à l'initiative de cette décision prennent conscience qu'il n'est pas raisonnable de s'entêter à faire circuler des TER vides et qu'il faut remettre en cause la grille des horaires pour redonner aux médocains l'envie de reprendre les TER. 




LE TRIANGLE DES ÉCHOPPES : UNE RÉALISATION VOUÉE INÉLUCTABLEMENT À L’ÉCHEC

C'est en 2012 que la fréquentation de la ligne du Médoc fut la plus forte avec 414 000 voyageurs répartis dans 8400 TER soit une moyenne de 49 voyageurs par TER.
C'est le 25 août 2012 que fut définitivement fermé le pôle multimodal de Bordeaux-Ravezies où les TER rebroussaient puis repartaient vers l'autre destination, étaient origines ou terminus et étaient en correspondance avec le tramway de la ligne C mais aussi avec les bus des lignes 9, 32, 46 et avec les cars 704,705,706. Bordeaux-Ravezies était de très loin la gare la plus fréquentée de la ligne du Médoc avec 700 voyageurs par jour ; sa fermeture fut la première cause du déclin de la ligne. 
Le dossier d'enquête publique d'octobre 2013 de RFF indiquait « qu'en octobre 2010, la fréquentation de la ligne atteignait 1500 voyageurs par jour et que la mise en place de la ligne C du tramway (correspondance en gare de Ravezies) a contribué au succès de la ligne ; une croissance de la fréquentation de 50 % a été enregistrée entre 2002 et 2009 ». Attribuer le succès de Ravezies au seul fait qu'il y avait correspondance entre TER et tramway était réducteur : il fallait tenir compte de la situation géographique de Ravezies situé sur le chemin le plus court, donc le plus rapide et le moins cher pour atteindre le lieu de travail : 2 éléments déterminants dans le choix du voyageur.
Avant de vouloir créer un « Ravezies bis » à Pessac, il eût fallu prendre en considération que :
- la ligne du Médoc même au sommet de sa fréquentation restait une ligne sans potentiel intéressant compte tenu de la densité de population et des transports en commun existants.
- Il n'était pas possible de reconstruire à Pessac les installations ferroviaires existant à Ravezies pour des raisons budgétaires (Pessac ne dispose que d'une voie à quai en impasse et inaccessible directement depuis Bordeaux), ce qui oblige à des mouvements parasites entre Pessac et Bordeaux et gêne la circulation des TER allant de Bordeaux au Verdon.
- desservir Pessac, c'était de plus ne pas aller à Bordeaux alors que Bordeaux, depuis la fermeture de Ravezies, était redevenue la gare la plus fréquentée de la ligne du Médoc : créer des navettes sur une ligne sans potentiel et sans desservir le pôle principal, c'était aller vers une déconvenue quasi assurée.
- réduire le nombre de dessertes à Bordeaux-Saint-Jean pour en créer à Pessac : c'était la certitude d'une perte de fréquentation pour la ligne du Médoc.
- la ligne du Médoc est essentiellement à voie unique et toute création de train multiplie les difficultés de circulation.
- Pessac n'avait aucun des arguments qui ont fait le succès de Ravezies : le temps de parcours et le prix du billet pour une clientèle suffisamment nombreuse. Dès lors, l'échec était inéluctable et les résultats des comptages ne sont qu'une suite logique d'un échec prévisible.
Sur la ligne du Médoc circulent du lundi au vendredi 42 TER. La fréquentation de cette ligne sera inférieure à 370 000 voyageurs par an.
En 2012, sur Bordeaux-Arcachon, la fréquentation était de 2 723 000 voyageurs et il n'y avait que 46 TER.
              sur Bordeaux-Agen, 1 929 000 voyageurs pour 46 TER
              sur Bordeaux-Saint Mariens-Saint-Yzan, 497 000 voyageurs pour 24 TER.
Il ne suffit pas de créer une correspondance entre ligne ferroviaire et ligne de tramway pour augmenter la fréquentation des transports en commun. Bègles et Alouette France en sont deux exemples ; Bègles est située sur la ligne Bordeaux Agen le prolongement de la ligne C du tramway à Bègles n'a pas entraîné une augmentation de la clientèle parce que Bordeaux-Saint-Jean est aussi sur la ligne C; Alouette France est située sur la ligne Bordeaux Arcachon, le prolongement de la ligne B du tramway à Alouette  n'a pas entraîné une augmentation de la clientèle parce que Pessac est aussi sur la ligne Bordeaux Arcachon et  sur la ligne B du tramway. Ces deux exemples montrent que même sur les lignes les plus fréquentées la correspondance TER /tram n'a pas fonctionné alors quand la ligne a un faible potentiel !
Vu les inconvénients qu'elle apporte, la création des AR Pessac-Macau ne pouvait qu'entraîner une baisse de fréquentation sur une ligne déjà peu fréquentée.
La création d'un nouvel arrêt au Bouscat sera également un échec parce que la fréquentation attendue de la ligne D du tramway est faible, que ce nouvel arrêt est proche de Bruges (moins de 2 km) dont la fréquentation est déjà très faible mais aussi parce que les lignes C et D du tramway sont pratiquement parallèles.
En conclusion, ce n'est pas parce qu'une ligne de tram rencontre une ligne ferroviaire qu'il faut considérer qu'il y a un besoin de correspondance et la nécessité de créer un arrêt des TER et encore moins de construire une voie ferrée comme le triangle des échoppes à Pessac.
Par contre, un arrêt TER est nécessaire quand la commune est la plus dense d'Aquitaine et qu'elle dessert un domaine universitaire et que deux lignes ferroviaires la traversent dont la plus fréquentée d'Aquitaine. Talence n’attend que cela.


LES MAUVAIS CHOIX POLITIQUES RÈGIONAUX EN AQUITAINE

Faute de clientèle, les TER (Trains Express Régionaux) de la ligne Oloron-Bedous avaient été remplacés par des bus le 31 mai 1980 ; en 1985 la ligne avait été fermée au trafic marchandises et était depuis abandonnée. Depuis le début du 20ème siècle la population de la vallée d'Aspe ne cesse de décroître et les localités desservies par la ligne ont perdu 9% de leur population de 1982 à 2014.Malgré ce contexte très défavorable, la Région Aquitaine a investi 120 Millions d'€ pour reconstruire la ligne sur les emprises ferroviaires abandonnées depuis 1985. La ligne a été rouverte le 26 juin 2016 et est parcourue journellement par 12 TER (6 allers-retours) assurés par des autorails X 73500 offrant 61 places assises + 17 strapontins. La fréquentation journalière de l'ensemble de la ligne est d'environ 50 voyageurs par jour répartis dans les 12 TER (Trains Estampillés Rousset) et une partie des voyageurs reprend les bus circulant entre Bedous et Canfranc. Le Président de la Région  Aquitaine veut prolonger la  ligne Oloron-Bedous jusque Canfranc (Espagne) soit 30 km de plus et 500 M €. Bedous-Canfranc a été fermé au trafic suite au déraillement d'un train de marchandises le 27 mars 1970 et la destruction du pont d'Estanguet enjambant le gave de Pau au sud de Bedous. Quand on se rappelle les causes à l'origine du déraillement : impuissance des locomotives à gravir les rampes en raison d'un rail rendu gras par les conditions atmosphériques on ne peut que s'étonner du choix de vouloir rouvrir Bedous-Canfranc au trafic marchandises même si les performances des engins de traction se sont améliorées, il arrive encore des retards de train justifiés par des feuilles mortes sur la voie  et cela sur des lignes où les rampes n'ont rien à voir avec celle de la ligne Bedous-Canfranc. Les 500 M € seraient certainement mieux utilisés dans des projets de rénovation de ligne. 

samedi 9 septembre 2017

LE JOURNAL D'UN AUTORAIL A GRANDE CAPACITÉ CIRCULANT ENTRE PESSAC ET MACAU

‌Bonjour, je suis l'Autorail de Grande Capacité (AGC). Voici mes caractéristiques : longueur 57.4 mètres, composé de 3 caisses, j’offre 170 places assises (dont 26 places en 1ère classe), j'accepte les vélos (6 crochets sont prévus à cet effet). J'ai été acheté 3,9 M € par la Région Aquitaine et je peux circuler sur toutes les lignes de la Région Nouvelle Aquitaine car je suis bimode (électrique sur lignes électrifiées et thermique sur les autres lignes). J’effectue notamment des allers-retours (AR) entre Pessac et Macau depuis le 11 décembre 2016 (6 AR l'été,
9 AR l’hiver) 
  Cette nouvelle relation a été rendue possible par la construction d'une voie ferrée nouvelle de 1500 mètres, appelée triangle des échoppes, reliant la ligne du Médoc (Bordeaux-Le Verdon) à la gare de Pessac.  La construction de cette voie a coûté 25,6 M € (79,5% financés par la Région ; 20,5% par SNCF), le Président de la Région Nouvelle Aquitaine, M. Alain Rousset, ayant décidé de construire cette voie plutôt que
d'arrêter à Talence Médoquine les TER de la ligne du Médoc qui passent devant la gare sans s'arrêter.
  Aujourd'hui samedi 5 août 2017, je dois assurer les 6 allers-retours entre Pessac et Macau. Mais au préalable il faut que, par un itinéraire saugrenu, je rejoigne haut-le pied (c'est-à-dire sans service commercial) le quai de départ de la gare de Pessac. Je quitte Bordeaux, passe devant la gare de Talence Médoquine, m'engage sur la ligne du Médoc où le conducteur m'arrête aux environs du kilomètre 6 ; il change de cabine de conduite et dès que le signal est ouvert je repars à vitesse réduite vers Pessac en empruntant le triangle des échoppes.
  Arrivé en gare de Pessac, le conducteur change à nouveau de cabine ; le contrôleur monte à bord et fait le nécessaire pour accueillir les voyageurs ; 8.01: c'est l'heure du départ, je m'élance enfin  pour assurer mon rôle  d'Autorail de Grande Capacité. J’ai oublié un détail : aucun
voyageur n'est monté à Pessac. C’est souvent ainsi.
  Un voyageur montera à Mérignac-Arlac et descendra à Blanquefort. Ce sera le seul voyageur de ce 1er voyage. 
Arrivé en gare de Macau à 8.34, le conducteur change de cabine et je repars à 8.42 vers Pessac, toujours sans voyageur où j'arrive à 9.13 ; en
cours de route, j'ai pris un voyageur qui est descendu à Mérignac-Arlac. 
A Pessac, conducteur et contrôleur attendront le départ de 10.01. En vain, aucun voyageur ni à l'aller ni au retour.
  Plutôt que de raconter mes 4 autres AR, je préfère faire le bilan de cette journée d'Autorail de Grande Capacité. J’ai parcouru 288 km en service commercial, j'ai assuré 12 TER, je me suis arrêté 84 fois et je n'ai transporté dans toute la journée que 24 voyageurs. Comme la journée a été longue j'ai été conduit par 3 conducteurs successifs et 2 contrôleurs ont accueilli les voyageurs ; heureusement que j’assure
d'autres relations beaucoup plus fréquentées.
C'est avec le moral à zéro que je quitte la gare de Pessac pour rejoindre haut-le-pied le dépôt de Bordeaux par le même itinéraire que ce matin mais à vitesse plus réduite car je circule à contre sens entre le km 6 et la gare de Talence Médoquine ; je n’arriverai à Bordeaux qu’à
19h50. Cela me fera 15 km haut-le-pied aujourd'hui. 
  Je me demande pourquoi le président de la Région a décidé la création de ces AR Pessac-Macau qui ont bouleversé les habitudes des usagers de la ligne : modification des horaires des TER desservant Bordeaux, suppression de 3 AR Bordeaux-Macau quelques mois avant l'arrivée de
la LGV. Je me demande pourquoi avoir dépensé 25,6 M € pour construire une voie sur laquelle ne passent au maximum que 50 voyageurs par jour (dont presque la moitié veut aller à Bordeaux et sont obligés de changer à Pessac). Il aurait été tellement plus judicieux d'arrêter les TER à Talence Médoquine.
  Mais il faut savoir que le dossier d'enquête publique précédant la construction du triangle des échoppes   prévoyait la création de 10 AR Pessac-Macau, la circulation de rames Régiolis (coût : 7 M € et 220 places assises) une fréquentation de 279 voyageurs par jour en gare de
Pessac et une augmentation de fréquentation de 180 000 voyageurs par an sur la ligne du Médoc dès la 1 ère année.
Aucun de ces objectifs n’est et ne sera réalisé. Depuis la création de cette infrastructure qui a coûté 25,6 M€, la fréquentation de la ligne du
Médoc a même chuté. Il est difficile de faire plus mal.
  J'ai pourtant eu mon heure de gloire sur cette ligne. C’était le 12 décembre 2016. Cette date est restée gravée dans ma mémoire car c'est le seul voyage où j'ai transporté autant de monde. Ce jour-là on inaugurait le triangle des échoppes et j'avais été choisi pour transporter les personnes en vue ou plutôt celles qui voulaient être vues. Parti de Macau à 13.33, j’étais arrivé en gare de Pessac à 14.04. Les médias (presses écrite et télévisée) étaient présents. J’avais été mitraillé sous tous les angles. Puis il y avait eu les discours officiels où les décideurs s'étaient autofélicités de la construction de la voie ferrée du triangle. A 15.54 je repartais euphorique vers Macau car selon les discours officiels j'allais
transporter beaucoup de voyageurs grâce au maillage des réseaux ferroviaires et de tramway. 
  Le lendemain, la presse reprenait les discours des officiels, le lendemain aussi je constatais que les voyageurs ne se bousculaient pas pour aller à Pessac et déjà je me demandais comment allait se passer cette extraordinaire complémentarité entre TER et tram à
Blanquefort tellement soulignée lors de l'inauguration.
Je ne suis qu'une machine mais je ne comprenais pas comment une ligne de tram parallèle à la voie ferrée entre Blanquefort et Bruges rejoignant Bordeaux Saint-Jean allait augmenter la fréquentation dans les TER. Pour moi le nouvel arrivant était un concurrent et il fallait me
donner les moyens de remplir mon rôle de transport de masse.
  Si vous voulez en savoir plus sur les causes de la chute de fréquentation de la ligne du Médoc, sur les prévisions erronées du dossier d'enquête publique, sur les responsables de ce gâchis sur les courriers adressés, vous trouverez les informations sur le blog :
http://assogaretalence.blogspot.fr/

Confidences recueillies par l’Association TGM     

POURQUOI LES TRAINS NE S’ARRÊTENT TOUJOURS PAS EN GARE DE TALENCE MÉDOQUINE ? (I)

Le Président de la Région Aquitaine voulait que l'accessibilité au domaine universitaire de Talence-Pessac-Gradignan depuis les gares de la ligne du Médoc se fasse par la gare de Pessac alors qu'il est évident que cette accessibilité devait se faire à Talence Médoquine : gare la plus proche du domaine universitaire, devant laquelle les TER (Trains Express Régionaux) de la ligne passent sans s'arrêter alors qu'ils s'y sont arrêtés autrefois : 3 avantages incontestables que n'avait pas la gare de Pessac. Dès lors, le dossier d'enquête publique devait prétendre qu'il n'existait qu'une solution possible : Pessac et ignorer l'existence même de la gare de Talence Médoquine. C'est ce qui a été fait.
 Dans le dossier d’enquête, le domaine universitaire de Talence-Pessac-Gradignan a été débaptisé en domaine universitaire de Pessac et sur le plan représentant l'environnement des installations ferroviaires, la superficie du domaine universitaire a été  réduite  et le domaine universitaire  a été déplacé à proximité immédiate de la gare de Pessac ; concernant les installations ferroviaires il ne manque qu'un seul nom celui de la gare de Talence Médoquine, alors que figure la bifurcation de Beyreman déposée en 2012 ; une mise en scène parfaite pour tromper le lecteur :
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TER AQUITAINE   COMITÉ DE LIGNE 33 BORDEAUX-Le Verdon     9 avril 2015



 Une mairie soucieuse d'obtenir l'arrêt des TER dans sa commune aurait bien évidemment réagi en soulignant ces oublis et inexactitudes flagrantes ; la mairie de Talence ne demanda point une présentation des installations conformes à la réalité du terrain et la dénomination exacte du domaine universitaire.
 Talence ayant ainsi été éliminée, le plus difficile restait à faire : prouver l'intérêt général du projet. Le dossier d'enquête publique comptait 300 pages ; une demi-page fut consacrée aux hypothèses de trafic, une demi-page pour les temps de parcours, 2 pages pour justifier l'injustifiable : la prise en compte d'une situation de référence où les TER passent à Ravezies alors que cette gare a été définitivement fermée en 2012. Avec une telle situation de référence, 2 des éléments déterminants du dossier : la fréquentation de la ligne et le temps de trajet étaient forcément viciés.
Le dossier comportait aussi de très graves inexactitudes :
  -  sur le nombre de circulations : création de 10 AR (Allers-Retours) Pessac-Macau et maintien des dessertes TER entre les différentes gares du Médoc et Bordeaux
  -  sur l'augmentation de fréquentation attendue : + 180 000 voyageurs par an. 
  -  sur le temps gagné sur le parcours : 45 minutes 
  -  sur les avantages pour la collectivité (7,57 M € pour les tiers liés à la baisse de l'usage de la voiture particulière et au report modal vers le train engendré par le projet). On peut tout faire dire à des chiffres inexacts.
Par contre le dossier restait silencieux sur le coût du matériel roulant et sur le déficit annuel d'exploitation. 
LES INEXACTITUDES DU DOSSIER D’ENQUÊTE :
1)  le nombre prévu de circulations dépasse les capacités de la ligne à voie unique du Médoc et la création de 10 AR entraînera obligatoirement la suppression de 4 AR entre Bordeaux et les gares du Médoc. Il était au contraire écrit que les dessertes Bordeaux-Médoc seraient conservées.
 2) la fréquentation de la ligne Bordeaux- Le Verdon était de 414 000 voyageurs en 2012. Les augmentations sont très nettement surestimées : +25% pour les gares de Margaux au Verdon, sans aucun TER en plus, + 170 % pour Blanquefort, Caudéran-Mérignac, Mérignac-Arlac :  alors que la desserte augmente de 40 % seulement et dans des horaires hors pointe journalière, etc. La fréquentation de la gare de Pessac sera estimée à 279 voyageurs par jour.
 3) le temps de parcours Macau-Pessac a été calculé en considérant que les TER passaient toujours par la gare de Ravezies et que les voyageurs prenaient à Bordeaux-St Jean une correspondance 20 minutes après. D’une part, Ravezies a été fermé en 2012 et depuis les TER empruntent un itinéraire plus court, sans rebroussement ; d’autre part, le pôle de Mérignac-Arlac a été mis en service en 2010 pour assurer les correspondances entre TER et bus desservant la gare de Pessac ; le passage par Bordeaux est donc inutile ; ces 2 erreurs avaient permis de justifier un temps de parcours de 78 minutes pour Pessac-Macau alors qu'en réalité l'usager faisait le trajet en 50 minutes. 
 4) En prenant en considération toutes ces données erronées une étude avait été demandée à un cabinet d'experts pour déterminer les avantages pour la collectivité. Le cabinet a estimé que les gains pour les tiers seraient de 7,57 M € soit 1,26 M pour réduction de l'insécurité routière, 0,41 M pour réduction de la pollution atmosphérique, 0,44 M pour la réduction de l'effet de serre et enfin 5,47 M pour la décongestion routière. Une telle démonstration n’a pu qu'impressionner l’autorité Environnementale à Paris chargée de donner un avis environnemental sur le projet.
Des talençais des associations avaient écrit, commenté ces inexactitudes dans le registre d'observations de la mairie de Talence ; leurs arguments n'ont pas été repris par la mairie et ce sont encore des pessacais, des talençais et 3 associations qui ont déposé un recours au Tribunal Administratif contre la déclaration de projet du Président de Réseau Ferré de France.
Au Tribunal Administratif, Réseau Ferré de France et la Région Aquitaine ont soutenu que le dossier était sincère malgré toutes les preuves apportées, le Tribunal Administratif a considéré « que le projet de construction du triangle des échoppes avait un caractère d'intérêt général ». Selon le dossier d'enquête publique, sur la voie dénommée « triangle des échoppes », il passera 10 TER par jour (les jours ouvrables) et chaque TER offrant 220 places (rame Régiolis selon le dossier) transportera en moyenne 14 voyageurs.  Parlez-en aux banlieusards parisiens, je suis persuadé qu’ils ne croiront pas à l’intérêt général d’un tel projet. Il faut croire que, pour le Tribunal Administratif, l'intérêt général varie selon la personnalité politique qui soutient le projet. Une simple question : pourquoi la mairie de Talence ne nous a pas appuyés lors de notre action au Tribunal ? C’était tellement facile !
Le 21 novembre 2016, le conseil régional de Nouvelle Aquitaine a voté un avenant à la convention entre la Région et la SNCF concernant la construction du triangle des échoppes. Cet avenant prévoyait la création de 9 AR (au lieu de 10) mais aussi la suppression de 3 AR Bordeaux-Macau (quelle surprise !), une augmentation de 116 952 trains-km (dans le dossier : 75 913) et un déficit annuel d'exploitation de 1 405 259 € HT. Alors que le dossier d'enquête prévoyait 180 000 voyageurs supplémentaires effectuant un parcours moyen de 19 km, les recettes ne s'élèvent qu’à 175 600 €.  Les tarifs SNCF auraient-ils brusquement diminué ? Les comptages effectués dans les TER ont montré que non seulement il n'y a pas d'augmentation de la fréquentation de la ligne mais au contraire une chute importante de la fréquentation et le prochain message sera consacré aux causes de cette chute.
Si vous voulez en savoir plus sur les causes de la chute de fréquentation de la ligne du Médoc, sur « Une journée de travail d’un autorail », sur les responsables de ce gâchis, sur les courriers adressés, sur les faux arguments avancés pour ne pas arrêter les trains à Talence, vous trouverez les informations sur le blog : http://assogaretalence.blogspot.fr/
Vous pourrez aussi nous donner votre avis par commentaires sur le blog et nous aider à rechercher une solution ensemble pour atteindre cet objectif d’intérêt général tellement évident.
Germain Suys, Président de l’association Talence Gare Multimodale

Tél : 0456801746  Courriel : assogaretalence@orange.fr